Accueil > Publications en ligne > Entretien avec Serge Sur

Entretien avec Serge Sur



mardi 19 août 2014

Source : Anne Dulphy et Christine Manigand, « Entretien avec Serge Sur », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 23, mai-août 2014, www.histoire-politique.fr

Nous avons coutume de commencer cet exercice pour les universitaires par une question sur le milieu d’origine comme matrice ou non d’un choix professionnel, disciplinaire.

Je suis fils d’instituteurs, issu donc d’un milieu très éloigné du monde du droit. Ayant passé mon enfance à Cherbourg, ville sans présence juridique particulière, où l’on ne note guère que l’existence d’un tribunal, aucune stimulation ne me conduisait à choisir des études de droit. Votre question me ramène bien loin en arrière et m’invite à une introspection dangereuse, à une rétrospection subjective, au risque de l’exhibition ou du narcissisme. Jeune universitaire, on parle des sujets de fond. Plus mûr, des sujets de fond par rapport à soi, et enfin on ne parle plus que de soi. C’est un plaisir vénéneux dont il ne faut pas abuser. Je me rends compte que, au fond, je n’ai jamais fait que ce que je choisissais de faire, avec le plaisir pour principe, et la condition du plaisir c’est la liberté. Si donc j’ai choisi des études de droit après le bac, c’est parce qu’en elles-mêmes elles ne m’intéressaient pas, ce qui me permettait de conserver toute la distance nécessaire à ma liberté d’esprit.

Ce qui m’intéressait, c’était la littérature. J’étais au demeurant inscrit en hypokhâgne à Caen. J’y suis resté trois semaines, et je suis parti parce que je ne supportais pas la discipline du... (Lire la suite)







SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © c.bavota, Juan Gordillo sous Licence GPL