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Des images qui parlent



Les Poupées russes
ou un rêve d’Europe

« Un film de Cédric Klapisch : Les Poupées russes, ou un rêve d’Europe », Questions internationales, n° 24, mai-juin 2007, p. 106-113.

mercredi 13 octobre 2010

Avec Les Poupées russes, Cédric Klapisch réalise une œuvre pleine de fantaisie, de fraîcheur, mais aussi de virtuosité. Le personnage principal, Romain Duris alias Xavier, y parcourt l’Europe entre Paris, Londres et Saint Petersbourg au gré de ses amitiés et de ses amours. Il y retrouve ses camarades d’un film précédent, L’Auberge Espagnole, qui contait les aventures d’un groupe de jeunes étudiants de nationalités diverses réunis par le hasard comme locataires dans le même appartement à Barcelone. Ils sont désormais trentenaires, l’entrée dans la vie adulte commence. C’est aussi l’aventure d’une génération qui se poursuit. Car ce film contient un double discours, le premier, ostensible, sur le plan interindividuel et sentimental, le second, en filigrane, sur le plan sociétal, illustrant un contexte professionnel et culturel dans l’Europe contemporaine. C’est à ce double titre que l’œuvre mérite attention.

D’abord, sur le terrain du style, elle représente un saut qualitatif important dans l’œuvre de Cédric Klapish, dont les films précédents étaient de facture plus classique, même s’ils exploraient des genres différents - intimiste, familial, policier ou thriller. L’oeuvre illustre aussi la tendance commune de plusieurs cinéastes français actuels. Excessif de parler d’école, comme en son temps « la nouvelle vague », mais difficile aussi d’y voir un style propre à l’auteur, car les rencontres avec d’autres réalisateurs sont sensibles : Le Jean-Pierre Jeunet d’Amélie Poulain, voire le Jean-Jacques Beineix de Diva[[Diva... (Lire la suite)







Rien sur Robert - Petites coupures :
Entre fin du communisme et choc des religions
ou les marivaudages de la dialectique

« Deux films de Pascal Bonitzer : Rien sur RobertPetites Coupures – Entre fin du communisme et retour des religions, ou les marivaudages de la dialectique », Mélanges Jean-François Guilhaudis, Bruylant, 2007, p. 517-540.

lundi 11 octobre 2010

Rien sur Robert et Petites Coupures sont deux films de Pascal Bonitzer, datant respectivement de 1998 et de 2003 . Le premier a rencontré un notable succès, le second a connu un relatif échec. Avant de devenir réalisateur, Pascal Bonitzer était davantage reconnu comme scénariste et dialoguiste, de tendance intellectuelle et, pourrait-on dire, psycho-sociale, avec une propension à présenter des débats philosophiques, sur le mensonge, la quête de l’identité, le bonheur, la recherche de la vie juste, sous la forme dramatique des conflits interindividuels.

A première vue, ces deux films, apparemment si différents, s’inscrivent dans cette logique. Sur le thème immense et inépuisable des rapports entre les sexes, ils développent un marivaudage non dénué de cruauté, mais sur le mode de la comédie, puisque ses personnages font sourire. Personnages et non pas héros, car ils ne semblent jamais dominer leur destin, ils sont plutôt ballottés, impuissants, dominés par des forces extérieures, pris dans des situations dont ils se dépêtrent avec une plus ou moins grande maladresse – surtout les hommes, car les femmes sortent dans l’ensemble beaucoup mieux leur épingle du jeu, des hommes blessés face à des femmes chasseresses en quelque sorte.

Par là apparaît déjà une situation socio-culturelle, qui est celle de la domination croissante exercée par les femmes, dont les hommes apparaissent un peu comme les jouets – non qu’elles soient calculatrices ou systématiquement perverses, ce sont plutôt leur égoïsme et leurs... (Lire la suite)







Société et droit international dans « Les aventures de Tintin »

« La société internationale dans Les Aventures de Tintin », Droit et bande dessinée - L’univers juridique et politique de la bande dessinée, P.U.G., 1998, p. 69-95.

lundi 11 octobre 2010

I - La société internationale déréglée

II - Un idéal chevaleresque

« Les aventures de Tintin » ont enchanté et continuent d’enchanter plusieurs générations de lecteurs . Il est aussi difficile d’expliquer leur charme que d’y échapper. Il est né de leur découverte enfantine mais il se prolonge dans l’âge adulte et son attrait déborde la nostalgie des vertes années. On peut simplement regretter que de jardin secret il soit devenu phénomène de mode d’abord, affaire commerciale ensuite. Cette évolution l’exploite et l’appauvrit à l’évidence. Plus discrètement et plus anciennement cependant, Tintin avait retenu l’attention d’auteurs graves, écrivains, essayistes, philosophes, voire psychanalystes. L’univers tintinesque est riche et profond et l’on ne cesse d’y découvrir ou redécouvrir des dimensions multiples. Les influences reçues puis exercées, les reflets du monde réel, les signes d’une évolution psychologique de son créateur ont, entre autres, donné lieu à de nombreux commentaires. Précisons tout de suite que nous envisageons ici les "Aventures " en elles-mêmes, sans considérer ni les autres œuvres d’Hergé ni l’histoire personnelle de Georges Rémi. Il existe un univers tintinesque avec sa galaxie de personnages, sa logique, ses ressorts, sa dramaturgie. Il se suffit à lui-même, s’il n’est pas clos sur lui-même et si ses liens avec le monde réel sont étroits et multiples.

Il est clair que des aventures qui se développent durant un demi-siècle connaissent de profondes transformations, ne serait-ce... (Lire la suite)







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